L'apithérapie, une pratique millénaire passionnante


Au même titre que la phytothérapie, l’aromathérapie, ou la gemmothérapie, l’Apithérapie revient en force de nos jours. Ces médecines douces s’intéressent à l’être humain dans sa globalité pour rétablir l’équilibre, "l’homéostasie", pour prévenir les dysfonctionnements et mieux résister aux agressions de la vie quotidienne. Si elles ne sont pas parallèles à l’allopathie et ne la remplacent bien évidemment pas, elles sont tout de même très complémentaires ! Perçues comme plus respectueuses de l’organisme, elles ne se focalisent pas seulement sur le symptôme, contrairement à la médecine classique.
La plus ancienne représentation des relations Homme-Abeille date de la période du Néolithique : elle concerne une peinture rupestre datant de 7000 ans avant JC, trouvée sur les parois d’une grotte à Valence et montrant une silhouette humaine récoltant du miel à l’aide d’un panier.
La plus ancienne représentation des relations entre l'Homme et l'Abeille

Histoire de Miel

Depuis l’Antiquité jusqu’à l’arrivée des sucres de canne et surtout de betterave, le miel était largement consommé pour son pouvoir sucrant mais aussi très largement employé pour ses propriétés thérapeutiques. Aujourd’hui, il est toujours employé en alimentation mais beaucoup moins comme remède populaire.
Tous les peuples de l’Antiquité connaissaient le miel et l’appréciaient, considérant qu’il s’agissait d’un cadeau des Dieux. En Egypte, l’élevage des abeilles aurait commencé 2400 ans avant JC. Il était largement utilisé comme édulcorant également comme offrande pour les dieux et ingrédient pour les embaumements ; il entrait aussi dans la composition de médicaments. Ces préparations se présentaient sous forme de pilules, d’onguents, de décoctions, d’emplâtres et de collyres. Ainsi sur 900 remèdes différents, plus de 500 contenaient du miel dans leur composition !
Le miel exploité dès l'Antiquité
Dans la Grèce Antique, le miel servait à honorer les Dieux mais aussi les héros et les vainqueurs. Les athlètes ne pénétraient jamais dans un stade sans qu’ils aient préalablement absorbé du miel. Hippocrate (vers 460 av. J.-C. - 370 av. J.-C), médecin grec et philosophe, a largement contribué à préconiser l’utilisation du miel dans l’alimentation et pour des usages médicinales (cicatrisation des plaies, colique, dysenterie, ulcères…). Dioscoride, médecin et botaniste grec, né en 40 après J.C., recommande aussi beaucoup son utilisation à des fins thérapeutiques (guérison des plaies, douleurs d’oreille…).
Le christianisme amène l’augmentation de la production de miel et de cire, celle-ci étant utilisée pour la fabrication de bougies. Le Coran par ailleurs ne manque pas de louer les vertus du miel. Du Moyen-Âge à la Renaissance, son utilisation est toujours prisée pour la cuisine mais aussi pour des applications santé. Les apothicaires puisent dans les recettes de l’Antiquité pour élaborer des cérats (pommade à base de cire et d’huile), des mellites (médicament liquide et sirupeux à forte teneur en miel), des électuaires (préparation pharmaceutique molle à base de miel et de poudres) et des thériaques (électuaire contre les poisons et venins).
Le miel résiste encore du XVIIème siècle au XVIIIème siècle malgré l’arrivée du sucre de canne sur le marché européen. On le retrouve également dans des boissons à visée médicinale, les oxymels. L'oxymel est un certainement le plus vieux remède naturel qui nous vient de la Grèce Antique, sirop aigre doux à base de vinaigre de cidre et de miel aux vertus expectorantes et diurétiques. Il possède beaucoup de vertus en fonction des plantes qui l’aromatisent. Dès le XIXème siècle, suite à l’introduction sur le marché du sucre de betteraves, son importance s’amenuise et son usage médicinal diminue aussi.
De nos jours il est utilisé (en dehors de ses usages nutritionnels) surtout pour ses propriétés émollientes et adoucissantes dans des préparations antitussives ; pour son action favorable dans la cicatrisation des plaies, des crevasses, des brûlures et des crevasses. 
Le professeur Descottes du CHU de Limoges, en fit la démonstration sur des milliers de patients suite à des opérations pour la réparation de plaies et sur les escarres.

Histoire de la propolis

L’égyptologie a démontré que la propolis était utilisée lors de l’embaumement des momies. C’est en observant le minutieux travail des abeilles que les Egyptiens ont découvert les qualités bactéricides, antifongiques et antivirales de la propolis, qu’ils ont reprises à leur compte. En effet dans la ruche pour éviter toute putréfaction lorsqu’ils sont trop gros pour être évacués, les abeilles momifient leurs ennemis morts comme les souris par exemple. Cela prévient toute propagation de germe qui pourrait nuire à la santé de la colonie.
 
Nous devons les premières indications scientifiques sur les abeilles et leurs produits au livre du philosophe et naturaliste Aristote (384-322 avant J.C), qui savait déjà que les abeilles tiraient la propolis des “larmes des arbres”. L’illustre savant appréciait ce produit pour ses propriétés thérapeutiques, et la recommandait pour les ecchymoses et les plaies purulentes.
La propolis était utilisée dans le processus de momification
Les Grecs de l’antiquité ont donné son nom actuel au produit, Propolis signifiant “devant la cité”. Connue également des latins, elle est citée, un siècle avant J.C, par le poète Virgile. Des écrits médicaux de Géorgie du douzième siècle évoquent la propolis et d’autres produits de l’apiculture comme remèdes à l’inflammation de la cavité buccale et aux caries. Dans ces régions, la propolis est encore utilisée de nos jours dans la médecine empirique des populations rurales.
Plus près de nous, lors de leurs conquêtes, les Espagnols s’aperçurent que les Incas (civilisation du XIIIème siècles après JC) connaissaient également la propolis et l’utilisaient contre les infections accompagnées de fièvres.
En France, Ambroise Paré (1510 -1590), chirurgien et anatomiste français, est le premier à faire mention de la propolis dans ses écrits au XVIème siècle. On peut également noter l’existence de traces de son utilisation dans le traitement des plaies aux XVIIIème et XIXème siècles.
Riche en poylphénols, on l’incorpore à l’huile d’olive dans une pommade utilisée dès la fin du XIXème siècle pour traiter les hémorroïdes et les ulcères. Les propriétés de guérison de la propolis ont souvent été mises à profit par les médecins militaires sur les champs de batailles, notamment lors des guerres napoléoniennes, de la guerre des Boërs et sur le front de l’Est pendant la première guerre mondiale. Pendant la guerre des Boërs, on utilisa par exemple le “Propolisin vasogen”, mélange de propolis et de vaseline comme traitement des plaies.
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Propolis dans la ruche
Récolte de la propolis sur grille
Propolis brut
Analyse de la propolis
De produit plutôt confidentiel il y a encore peu, la propolis a connu un boom sans précédent ces dernières années au point qu’on la trouve maintenant quasiment dans toutes les pharmacies et dans des gammes de plus en plus étendues et élaborées de produits: pastilles, spray buccaux ou nasaux, bains de bouche, dentifrice, shampoing, crèmes, en poudre, à mâcher, liquide, huileuse… La propolis prend aujourd’hui toutes les formes et pour des usages toujours plus variés.

Pollen et Gelée royale, une histoire plus récente

Patrice Percie du Sert, fondateur de Pollenergie
C’est vers 1950 que ces deux produits de la ruche ont été promus en diététique et en thérapeutique humaine. Avec le miel, le pollen déposé par les abeilles dans la ruche, constitue leur principal régime alimentaire, excepté pour la reine qui se nourrit exclusivement de la gelée royale sécrétée par les glandes salivaires de l’abeille. Le pollen d’abeille possède des effets indéniables sur la régulation intestinale, sur la forme en général, chez les jeunes comme chez les personnes âgées pour retarder les troubles de la sénescence. Vous trouverez sur notre site les vertus de ce super aliment vivant largement décrites et développées.
Les travaux de Rémy Chauvin, scientifique français, ont contribué à l’essor du pollen. Plus tard, à partir de 1995, les recherches de Patrice Percie du Sert menées au sein de Pollenergie et son livre « Ces Pollens qui nous soignent » ont permis que les pollens congelés à l’état frais trouvent un large écho auprès du grand public. La gelée royale est reconnue pour ses effets bénéfiques sur le système neuropsychique. Elle agit comme un stimulant général recommandée contre l’asthénie, les dépressions, la fatigue.
Bien sûr chaque jour amène de nouvelles études scientifiques, de nouvelles découvertes et gageons que l’avenir réserve de très belles surprises sur les bienfaits de l’Apithérapie.
Sources : 
Histoire et emplois du miel, de l’hydromel et des produits de la ruche. Claude Viel, Jean-Christophe Doré
Le traité Rustica de l’Apiculture – Rustica Editions