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Le miel et la toux chez les enfants


Officiellement, la pédiatrie est une discipline qui s'intéresse aux enfants de la naissance jusqu'à l'âge de 15 ans et 3 mois. La toux est, en pédiatrie courante, un des motifs de consultations les plus fréquents, les plus banals mais aussi les plus irritants (dans tous les sens du terme), pour l'enfant et pour les parents. Elle provoque un inconfort particulièrement nocturne pour l'ensemble de la famille.

La toux est le plus souvent secondaire à une infection virale des voies aériennes supérieures. Les virus potentiellement responsables d'une toux sont très nombreux (plus de 200) parmi lesquels nous citerons : rhinovirus, adénovirus, virus para-influenzæ, virus coxsackie. Elle peut cependant être provoquée par d'autres causes : des régurgitations (reflux gastro-œsophagien), certains facteurs environnementaux (tabac), une inflammation des bronches (asthme, allergie), une surinfection bactérienne (pneumopathie)… 2.

La toux, lorsqu'elle est causée par un virus, est un réflexe de défense naturel et indispensable à l'organisme ; elle sert, entre autre, à drainer les voies respiratoires. Ce n'est pas une maladie en soi, mais un symptôme qu'il convient de savoir respecter et écouter. Ces infections virales surviennent chez l'enfant d'âge scolaire de 7 à 10 fois par an1. Elle disparaît spontanément dans 50 % des cas en moins de dix jours1. Chez certains enfants la toux peut durer trois semaines sans que cela signe l'existence d'une complication 2.

De manière générale, la prise en charge d'une toux aiguë non compliquée repose en priorité sur des règles hygiéno-diététiques 3 telles que :

- désobstruction nasale au sérum physiologique
- éviction du tabac dans l'environnement
- limitation de la température de la chambre à 19-20°C pour dormir
- hydratation régulière

Cependant, la présence d'une toux dans certaines situations cliniques doit entraîner une consultation médicale 2.3.4 :

- nourrissons de moins de 6 mois
- difficultés respiratoires
- difficultés à s'alimenter (baisse de la ration alimentaire en dessous de 50%)
- altération de l'état général (fatigue importante, changement de comportement)
- fièvre persistante de plus de 3 jours ou si des signes de mauvaise tolérance à la fièvre
- toux persistante au-delà de 3 semaines

Actuellement, la consultation médicale pour une toux aboutit le plus souvent à la délivrance d'un médicament antitussif. La dépense engendrée par les médicaments antitussifs aux USA a été estimée en Milliards de dollars 1 par an. Pourtant les dernières études scientifiques montrent qu'il n'y a pas toujours lieu de prescrire un antitussif 2.5. En effet, une synthèse de 25 essais cliniques regroupant plus de 616 enfants et 2876 adultes montre qu'une préparation orale contenant soit un antitussif, soit un antihistaminique H1, soit un décongestionnant, soit un bronchodilatateur seul ou associé n'a pas d'efficacité au-delà de l'effet placebo 2.6.

A l'inverse, des effets secondaires parfois graves ont été observés amenant l'Afssaps (l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) à contre-indiquer la plupart des spécialités contre la toux et le rhume chez le nourrisson (-2 ans) 2.3.7. En pratique dans une toux sans gravité, aucun médicament n'a démontré une balance bénéfices-risques favorable 2.3.4.5.7.

A partir de ce constat (qu'aucune spécialité n'a fait la preuve irréfutable de son efficacité dans les toux bénignes), Paul et al. ont entrepris une étude clinique randomisée en double aveugle partiel visant à comparer l'absence de traitement, la prise de Dextrométhorphane (DM) aromatisé au miel ou la prise de miel de sarrasin chez 105 enfants présentant avec une toux bénigne supposée virale. Ces enfants d'âge moyen de 5 2 ans ont été repartis dans les 3 groupes. (Le DM est l'antitussif le plus utilisé aux USA) 8.

Les critères de jugements d'efficacité dans cette étude ont été la fréquence et la sévérité de la toux ainsi que la qualité du sommeil. Ces critères ont été appréciés à travers des questionnaires auto-remplis en pré- et post-intervention. Les résultats de cette étude ont montré que les enfants ayant reçu le miel de sarrasin ont une diminution significative de la fréquence, de la gravité et de la nature incommodante de leur toux, ainsi qu'une meilleure qualité de sommeil tant pour les enfants que pour leurs parents comparativement au groupe sans traitement 9. La différence entre le groupe DM et le groupe miel est légèrement en faveur du miel mais est non significative. Paradoxalement les auteurs de cette étude révèlent plus d'effets secondaires bénins dans le groupe miel notamment un peu plus d'hyperactivité, mais la différence n'est pas significative et le DM est sédatif…

En conclusion, bien que cette étude ait été bien menée, les résultats sont issus de questionnaires auto-remplis donc subjectifs. Il conviendrait donc de réaliser d'autres études du même type d'une part pour conforter ces résultats et d'autre part pour savoir si ces résultats sont propres au Sarrasin ou applicable à d'autres miels. Dans cette étude le miel de Sarrasin a peut-être été choisi parce qu'il a été démontré posséder un potentiel antioxydant et antibactérien supérieur aux autres miels testés 10.

Enfin, rappelons que chez les enfants de moins de 1 an, il existe un risque de botulisme par une possible colonisation d'une faible quantité de bactéries botuliques du tube digestif encore immature jusqu'à cet âge 11. Les organismes de contrôle révèlent qu'environ 5 % des miels contiendraient de spores de clostridium botulimun. Pour information, l'agence de surveillance sanitaire n'a rapporté que 4 cas en France entre 1983 et 2009 12.

En conclusion, le miel pourrait être le traitement de choix pour soulager la toux nocturne (voir notre miel calme toux) associée à une infection virale chez les enfants à partir de 1 an. 


Dr Stéphane Sammut et Nicolas Cardinault
Membres du conseil scientifique de l'Association Francophone d'Apithérapie (AFA)


Références :

1 - Koskas M : «Mais comment traiter la toux ʺbanaleʺ : rien, sirops sucrés ou…miel?  », Médecine&enfance, Février 2008 : 56-58
2 - AFSAPS : « prise en charge de la toux aiguë chez le nourrisson de moins de deux ans » Octobre 2010. Site : www.afssaps.fr
3 - AFSSAPS : « Point d'information sur la toux chez l'enfant de moins de 2 ans : Pourquoi les mucolytiques et l'hélicidine ne doivent plus être utilisés? »  29 Avril 2010. Site : www.afssaps.fr
4 - La Revue Prescrire : « Toux gênantes » Septembre 2008/Tome 28 N° 299 : 676-677
5 - La Revue Prescrire : « Médicaments de la toux et du rhume: des effets indésirables trop graves face à des troubles bénins » Octobre 2009 / Tome 29 N° 312 : 751-753
6 - Smith SM et coll : « Over-the-counter medications for acute cough in children and adulte in ambulatory settings » (cochrane Review), Chichester 2008 ; issue 1 : 21 pages
7 - AFSAPS : « Information importante de pharmacovigilance relative au rôle potentiel de la pholcodine dans la sensibilisation aux curares » Avril 2011. Site : www.afssaps.fr
8 -  Paul IM et al : « Effect of honey, dextromethorphan, and no treatment on nocturnal cough and sleep quality for coughing children and their parents », Arch. Pediatr. Adolesc. Med, 2007 ; 161 : 1140-6
9 - Le Blanc A : « Le miel : plus efficace que le dextrométhorphane chez l'enfant qui tousse ? » Critique et Pratique Mars 2008 : 36
10 -  Katrina Brudzynski, PhD- Brock University, St. Catharines, Ontario, Canada - Lubljana, Slovenia, 2010
11 - La revue Prescrire  Décembre 2009 / Tome 29 n° 314 : 929
12 - Sobel L  : « Botulisme » Clin Infect Dis 2005 ; 41 : 1167-1173

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